mercredi 24 décembre 2008

Le Triangle

« 3, ce n’est pas un bon chiffre », nous disent les gens.

« Mais nous ne sommes qu’1 » répond-on en souriant.

1 trio, 1 triangle, savez vous donc compter ?

Qui bouge et qui s’écarte, s’étire à volonté,

A travers la planète, Bangkok – Lomé – Paris,

Composé de 3 points, 3 filles qui sourient.

lundi 22 décembre 2008

Come back

Cela faisait un certain temps que je n'avais pas eu envie de venir écrire de nouvelles bêtises ici. Peut-être parce que celle qui me disait "tu écris très bien ma chérie", eh bien ne me le diras plus. Quand je suis parti vivre en Angleterre elle avait dit:

- "ooh moi ça me rend triste ma chérie. Tu vas être si loin!"

-"mais Mamy quand je suis à Paris et toi en Normandie on se voit pas plus souvent. Tu vas pas voir la différence." lui avais-je répondu.

Négligente petite fille. Ingrate. Petite conne.

Mamy est partie donc. Et mon moral avec.

Et puis il y a eu du pain sur la planche, des chats à fouetter, des choux à embeurrer comme disait mon Papy. (il était boulanger.) Pas comme si j'étais en prépa bien sûr. Je relativise. Mais tout de même, quand on sort de la fac anglaise, on se sent comme un maternelle qui rentre en CP! Depuis septembre c'était la course. Pour Noël, j'appuie sur pause. Ca fait du bien quand ça s'arrête.

Aujourd'hui je suis allée chercher mon permis de conduire à la sous-préfecture. Ils ne les envoient plus. Ils sont dé-bor-dés. Pour ne pas mentir, ce n'est pas comme si j'avais l'intention de l'utiliser. Je crois que je développe une petite phobie automobile qu'il va falloir soigner vite si je ne veux pas être condamnée à utiliser le RER jusqu'à la fin de mes jours. Bref, je suis quand même allée chercher le petit papier rose pour la forme, et il en fallait une sacrée forme! 1 heure de queue pour obtenir un ticket pour faire la queue. (??!!?!) 2h30 de queue plus tard, me voilà devant la dame qui me fabrique mon permis sous mes petits yeux! L'opération en elle même ne dure pas plus de 5 minutes mais ces débiles n'ont ouvert qu'un guichet sur les dix donc forcément il y a bouchon. Salauds! Dans la voiture je comtemple béatement mon bout de carton quand, outrage, je constate qu'ils ont américanisé mon nom! May. C'est très joli sauf que c'est faux. Retour illico à la sous préfecture.

"Moi c'est Mai, comme le mois de mai." j'ai dit à la dame du guichet qui se souvenait déjà plus de ma tronche de chinoise. (j'ai pas refait la queue ce qui m'a attiré des regards lourds de reproches.)

"Quand êtes vous venue retirer le permis?"

J'ai eu envie de répondre "IL Y A CINQ MINUTES DEBILOU!" mais je ne l'ai pas dit parce que la pauvre quand même. Et puis c'est Noël.

Joyeux Noël.

lundi 15 septembre 2008

Swim Swam Swum

J’ouvre aujourd’hui une petite chronique aquatique et sympathique qui relatera mes aventures sous-marines à la piscine comme à la mer, quoique plus rarement étant donné ma parisienneté. Des chroniques de Seine chlorée en quelque sorte. En règle générale, je vais à la piscine deux fois par semaine. Une, si je suis flemmarde et parfaitement contente du poids que me donne Hortense, ma balance. Trois si je suis obèse du à un abus de tartines de Kiri. Il faut dire que le Kiri m’a tellement manqué à Sheffield… Je nage donc deux fois, deux kilomètres à chaque séance et ressort aussi détendue que si j’avais avalé une boîte entière de tranquillisants.
Cet après-midi, j’ai échangé quelques mots entre deux longueurs avec un monsieur de ma ligne d’eau.
-Allez-y, lui dis-je. Je suis en pap. (sous-entendu : je repars seulement d’ici une minute histoire de me reposer.)
-Non non, allez-y ! insiste-il. Je vais faire euh… des pieds !

J’aurais aimé lui dire qu’on dit des Jambes. Des pieds, d’accord, mais s’il ne nage vraiment qu’avec ses pieds, il va vite se rendre compte de la difficulté. Je pars donc en pap. 100 m plus tard, soit un aller-retour (vous suivez les cocos ?) me revoilà et lui aussi.

-Allez-y, me dit-il essouflé.
-Vous êtes sûr ? Cette fois-ci je suis en jambes.
-Non non allez-y…
Mais comme il ne veut pas paraître totalement nul, il se sent obligé de préciser la suite de son entraînement :
-Je vais faire des pieds de… de pap !

DES JAMBES ! ai-je envie de lui hurler à la figure. Non, je plaisante, il me fait plutôt rire. Des pieds. C’est trop chou.

Plus tard, dans les vestiaires je vois des gamines du club de compétition. Elles me toisent un peu, surprises qu’une nana n’appartenant pas à leur élite porte un modèle de maillot Speedo Endurance qu’elles ne connaissent pas. Elles ignorent sûrement que la nana en question a nagé sept ans dans le groupe compétition (et qu’elle a acheté son maillot de bain en Thaïlande). Je les regarde, un peu envieuse de leurs fesses minuscules bombées sous leurs maillots de bain Arena dernier cri. Je ne leur en veux pas. J’étais pareille à leur âge ; persuadée que tous ceux qui n’étaient pas en club nageait comme des quiches. Alors je suis repartie, nostalgique de ses années collège passées à filer à la piscine dès la sortie des cours, à prendre nos goûters sur les marches, tout en apprenant à la va-vite une leçon de grammaire avant le début de l’entraînement.

lundi 1 septembre 2008

5 years later...

Le front collé contre la vitre de notre van, je constate que Phuket en cinq ans a légèrement changé. De gigantesques panneaux publicitaires bordent désormais les routes de la petite presqu’île thaïlandaise. Nous arrivons à l’hôtel, l’ancien Rydges, à présent baptisé Amora (par amour du goût ?) Beach Resort. Heureusement, hormis le nom, rien n’a été transformé. Les nénuphars sous le petit pont en bois et la piscine – le lac devrais-je dire- sont toujours là. Sauf le groupe de musiciens que j’écoutais tous les soirs dans le hall. Le bassiste m’avait offert une peluche et un éventail. Une peluche et un éventail pour sa première groupie. Tout en espérant que leur absence n’est que la conséquence d’un nouveau tournant dans leur carrière, (on ne peut pas rester musiciens de hall d’hôtel toute sa vie !) voilà ma petite conscience de touriste égoïste rassurée. Le tsunami n’a pas endommagé mon hôtel préféré. Reste à aller faire un tour sur la plage. Il y a cinq ans, nous aimions dîner avec mes parents et mon frère dans un restaurant : Alex Thai since 1987. Date coïncidant avec l’année de naissance de mon frère Alex. L’Autre Alex, le restaurateur, passait ses journées à courir dans le sable de table en table pour prendre les commandes. « Pas bon, pas payer ! » aimait-il préciser lorsqu’il apportait nos plats.
- Il a sûrement vu arriver la vague droit sur lui et… PROUUUU, m’a dit un jour mon frère en balançant les bras, comme pour mimer la cabane emportée par la déferlante.
Après avoir traversé le parc de l’hôtel, j’arrive sur la plage. Fébrile, je m’avance dans le noir vers la hutte en bois qui abritait le restaurant autrefois. Alex et Luna, Thai Restaurant since 1987. Tiens, le nom a changé. Mais il est déjà tard, alors je fais demi-tour.
Le lendemain, Papa discute avec Luna. Alex est mort. Tué par balles quelques mois avant le tsunami. Il n’aura pas vu arriver la vague droit sur lui. Il n’y aura pas eu de « PROUUUU » mais plutôt un « Bang bang ». They shoot him down.

jeudi 19 juin 2008

My old life back


Je suis de retour. Mes 130 kg de vie anglaise ont été défaits et rangés. J’ai marché dans les rues. Françaises. Ma langue fourche : ‘Thanks’ à la place de ‘Merci’ à la boulangère. Une envie d’appeler tous les passants ‘love’. Soudainement j’ai les larmes aux yeux sans raison. Pourtant je suis heureuse d’être rentrée à la maison. Je suis nostalgique. Des personnes. D’une ambiance. Merde, je suis rentrée. Pour de bon. Le jardin est en fleurs. La pelouse est verte, douce, « comme une peau de nounours » dixit Maman. On va pouvoir sortir les chaises longues. Hier soir encore, je pleurais comme une gamine. En leur disant au revoir, j’avais pourtant fait semblant d’être parfaitement contente : goodbye ! goodbye ! see you soon you big baboon !

Ce n’est que cet après-midi, en appelant Laurence que ma mélancolie est passée.
-Je pensais justement à toi, me dit-elle.
-Je pense souvent à toi, lui ai-je répondu.
-Je me demandais si tu allais venir voir notre pièce.
-Je me demandais si j’étais rentré à temps pour la voir.

Sourire. Le Conservatoire. Le théâtre. Ma vie d’avant est revenue à l’instant où Laurence a décroché.