J’ouvre aujourd’hui une petite chronique aquatique et sympathique qui relatera mes aventures sous-marines à la piscine comme à la mer, quoique plus rarement étant donné ma parisienneté. Des chroniques de Seine chlorée en quelque sorte. En règle générale, je vais à la piscine deux fois par semaine. Une, si je suis flemmarde et parfaitement contente du poids que me donne Hortense, ma balance. Trois si je suis obèse du à un abus de tartines de Kiri. Il faut dire que le Kiri m’a tellement manqué à Sheffield… Je nage donc deux fois, deux kilomètres à chaque séance et ressort aussi détendue que si j’avais avalé une boîte entière de tranquillisants.
Cet après-midi, j’ai échangé quelques mots entre deux longueurs avec un monsieur de ma ligne d’eau.
-Allez-y, lui dis-je. Je suis en pap.
(sous-entendu : je repars seulement d’ici une minute histoire de me reposer.)
-Non non, allez-y ! insiste-il. Je vais faire euh… des pieds !
J’aurais aimé lui dire qu’on dit des Jambes. Des pieds, d’accord, mais s’il ne nage vraiment qu’avec ses pieds, il va vite se rendre compte de la difficulté. Je pars donc en pap. 100 m plus tard, soit un aller-retour (vous suivez les cocos ?) me revoilà et lui aussi.
-Allez-y, me dit-il essouflé.
-Vous êtes sûr ? Cette fois-ci je suis en jambes.
-Non non allez-y…
Mais comme il ne veut pas paraître totalement nul, il se sent obligé de préciser la suite de son entraînement :
-Je vais faire des pieds de… de pap !
DES JAMBES ! ai-je envie de lui hurler à la figure. Non, je plaisante, il me fait plutôt rire. Des pieds. C’est trop chou.
Plus tard, dans les vestiaires je vois des gamines du club de compétition. Elles me toisent un peu, surprises qu’une nana n’appartenant pas à leur élite porte un modèle de maillot Speedo Endurance qu’elles ne connaissent pas. Elles ignorent sûrement que la nana en question a nagé sept ans dans le groupe compétition
(et qu’elle a acheté son maillot de bain en Thaïlande). Je les regarde, un peu envieuse de leurs fesses minuscules bombées sous leurs maillots de bain Arena dernier cri. Je ne leur en veux pas. J’étais pareille à leur âge ; persuadée que tous ceux qui n’étaient pas en club nageait comme des quiches. Alors je suis repartie, nostalgique de ses années collège passées à filer à la piscine dès la sortie des cours, à prendre nos goûters sur les marches, tout en apprenant à la va-vite une leçon de grammaire avant le début de l’entraînement.